L’infox :
Quand le rock devient ordre religieux
8 décembre 1980, 20h.
Devant le couvent du Dakota, à New York, la nouvelle tombe comme une hostie mal mâchée : John Les Nonnes, star planétaire du rock cathodique, est abattu à la sortie des vêpres.
L’homme, connu pour avoir transformé le rock en véritable religion mondiale, laisse derrière lui des millions de fidèles, quelques miracles discographiques, et une garde‑robe composée quasi exclusivement de robes noires et de collerettes blanches.
« Pour moi, il était plus important que mon curé, et lui au moins chantait juste », sanglote Sœur Mary-Lou, groupie de la première heure, en serrant contre elle un vieux 33 tours comme un chapelet XXL.
Du chapelet au pick de guitare : le culte de John Les Nonnes
John Les Nonnes, c’était plus qu’un chanteur : c’était un véritable saint patron des mélomanes.
Ses fans ne parlaient pas de concerts, mais de pèlerinages.
- Ses tournées s’appelaient « Gospels Tour ».
- Ses albums se lisaient comme des livres saints.
- Ses paroles étaient récitées par cœur au petit déjeuner, à la place du bénédicité.
Dans les chambres d’ados, les crucifix partageaient le mur avec des posters de John Les Nonnes. Selon un sondage sorti des enfers du marketing :
- 1 fan sur 3 avoue avoir prié pour « rencontrer John une fois dans sa vie ».
- 1 sur 5 confesse avoir crié « Alléluia ! » en entendant le solo de guitare sur Let it Nun.
- 4 sur 5 considèrent que « Que ton riff soit sanctifié » est une prière acceptable.
Le fan hérétique qui n’a rien compris au catéchisme du fandom
L’assassin, présenté comme un « fan », est rapidement qualifié d’hérétique pop.
Rappel de base du catéchisme de la musique :
- Tu aimeras ton idole de tout ton cœur.
- Tu achèteras ses disques, même les mauvais.
- Tu défendras son œuvre sur tous les forums.
- Tu ne TUERAS PAS ton prophète musical.
Lui a sauté l’étape 4, ce qui, théologiquement parlant, le place direct dans la catégorie « excommunié à vie, même du karaoké ».
« On avait déjà les schismes entre fans de rock et de disco, mais là on est passé à la guerre de religion », analyse un théologien du conservatoire, en rangeant ses partitions de Sgt. Pepper et les 12 Apôtres.
Les groupies en deuil : du pogo à la procession funéraire
Dès l’annonce de la mort de John Les Nonnes, la planète se transforme en grande veillée funèbre amplifiée.
Les groupies rivalisent de créativité pour exprimer leur douleur mystico‑musicale :
- Des processions aux bougies devant les magasins de disques.
- Des guitares électriques portées comme des croix.
- Des minutes de silence remplacées par des écoutes intégrales de l’album Abbey Chœur.
Certaines vont encore plus loin :
- Vœu de chasteté… musicale : « Plus jamais je n’écouterai autre chose que lui ».
- Vœu de pauvreté : tout l’argent part en éditions collectors posthumes.
- Vœu d’obéissance : suivre religieusement chaque réédition, coffret, remix et pseudo inédits.
« Il était notre pape du pop-rock. Maintenant on est orphelins… et on n’a même pas de fumée blanche pour nous annoncer un nouveau leader », soupire une fan en larmes, tenant une bougie dans une main et un walkman dans l’autre.
Les Beatles, première Église du Rock universel
Avant sa carrière en solo monastique, John Les Nonnes officiait dans Les Beattles – quatuor sacré, véritable Concile Vatican II de la pop.
- Quatre apôtres.
- Douze chansons par album.
- Des miracles scéniques à chaque tournée.
Pour beaucoup, les Beattles étaient déjà une religion :
- On se passait leurs disques comme des évangiles.
- On classait les albums par « ancien » et « nouveau testament ».
- On se disputait sur qui était le plus saint : Jean des Nonnes, Paul de Tarse McCartney, Georges l’Évangéliste ou Ringo de Compostelle.
Avec la mort de John Les Nonnes, le message est clair :
plus de réconciliation du groupe, plus de concile général, seulement des reliques sonores et des reliques de merchandising.
Un monde sans John Les Nonnes : apocalypse now (en stéréo)
Le lendemain, la question résonne comme un Kyrie en boucle :
« Mais… à quoi ressemble un monde sans John Les Nonnes ? »
Les réponses sont brutales :
- Des radios un peu moins habitées.
- Des ados un peu plus seuls dans leurs chambres.
- Des chorales scolaires qui doivent se rabattre sur des reprises tièdes.
Les studios de musique, eux, ont déjà trouvé une formule consolatrice :
« Il n’est plus parmi nous, mais il vit à jamais dans vos oreilles… et dans notre catalogue. »
Les groupies, elles, refusent d’accepter la fin du dogme :
- Elles continuent de parler de lui au présent.
- Elles organisent des messes d’écoute intégrale tous les 8 décembre.
- Elles font le signe de croix à chaque riff de guitare.
À défaut de résurrection, John Les Nonnes est officiellement canonisé Saint Patron des cœurs brisés et des vinyles qui craquent.
📌 L’Info : – Le traitement réaliste et informatif 📚
John Lennon, une idole devenue quasi religieuse
Derrière le jeu de mots « John Les Nonnes » se trouve évidemment John Lennon, membre fondateur des Beatles.
Dans les années 1960, le groupe connaît un succès mondial inédit : concerts hystériques, ventes de disques record, couverture médiatique permanente. Pour beaucoup, surtout chez les jeunes, les Beatles deviennent plus que de simples musiciens.
Lennon lui-même a fini par le formuler de façon provocatrice en 1966 :
« Les Beatles sont plus populaires que Jésus maintenant. »
Cette phrase déclenche un scandale, mais résume bien le phénomène :
les Beatles ont pris une place quasi religieuse dans la vie de millions de fans, structurant leurs goûts, leur langage, leur style et parfois même leur vision du monde.
L’assassinat du 8 décembre 1980
Le 8 décembre 1980, John Lennon est assassiné devant le Dakota Building, à New York, où il vit avec Yoko Ono.
À son retour d’une séance d’enregistrement, un homme l’attend et lui tire plusieurs balles dans le dos. Lennon décède peu après à l’hôpital.
Cet événement provoque une onde de choc mondiale :
- Des rassemblements spontanés sont organisés un peu partout.
- Les radios bouleversent leurs programmes pour diffuser Lennon en boucle.
- Les fans, souvent très investis émotionnellement, réagissent comme à la perte d’un membre de la famille ou d’un guide spirituel.
Fandom, culte de la célébrité et vocabulaire religieux
Parler des fans comme de « fidèles », utiliser le mot « culte », évoquer des « temples » (les salles de concert, les studios) n’est pas qu’une métaphore gratuite :
les sociologues ont montré que les grandes figures de la pop peuvent remplir des fonctions comparables à celles des leaders religieux :
- Donner un vocabulaire commun (les paroles des chansons).
- Offrir des rituels (concerts, écoutes collectives, anniversaires de sortie d’albums).
- Créer un sentiment d’appartenance à une communauté mondiale.
L’assassinat de Lennon a renforcé cette dimension quasi sacrée :
il est devenu une icône martyre de la culture pop, figée pour toujours dans l’imaginaire collectif comme un artiste engagé, pacifiste et visionnaire.
Pourquoi l’idée d’un « monde sans lui » est insupportable pour certains fans
Pour une partie du public, la mort de Lennon ne signifie pas seulement la fin d’un musicien, mais aussi la fin :
- D’un certain idéal de paix et de contestation douce.
- D’une période de leur vie (jeunesse, premiers engagements, premiers amours).
- De l’espoir, déjà mince, de revoir un jour les Beatles réunis.
C’est ce qui explique la puissance émotionnelle de cette disparition et le sentiment, encore aujourd’hui, qu’il manque « quelque chose » au paysage musical et symbolique du monde.
En croisant les champs lexicaux de la religion et de la musique, l’image de John Les Nonnes souligne donc une réalité bien documentée :
pour beaucoup, les Beatles – et Lennon en particulier – ont occupé la place d’une véritable religion laïque, avec ses rites, ses textes sacrés… et son martyr.











